La candidature de Gianni Infantino pour un nouveau mandat à la FIFA suscite des contestations. Un ancien responsable de l'instance appelle les fédérations à faire respecter les statuts.

La succession de Gianni Infantino pourrait s'inviter dans un débat juridique avant même l'ouverture officielle de la campagne présidentielle. À l'approche de l'élection prévue en mars 2027, Miguel Maduro affirme que le président actuel a déjà atteint la limite des trois mandats autorisés par les statuts de la FIFA.

L'ancien président de la commission de gouvernance de l'instance s'appuie notamment sur l'article 33, paragraphe 2. Il estime que le texte ne prévoit aucune exception pour les mandats incomplets. Son intervention rejoint les démarches de FairSquare, une organisation spécialisée dans les questions de droits humains et de gouvernance dans le sport.

Le mandat de 2016 au cœur du désaccord

Gianni Infantino a été élu président de la FIFA en février 2016, après la démission de Sepp Blatter. Il a ensuite été réélu en 2019 puis en 2023. Pour Miguel Maduro, ces trois élections correspondent bien à trois mandats présidentiels.

La FIFA défend une autre interprétation. En décembre 2022, son Conseil a confirmé à l'unanimité que la période allant de 2016 à 2019 ne devait pas être comptabilisée comme un mandat complet. Infantino avait en effet été élu pour terminer le mandat interrompu de son prédécesseur.

Cette décision lui permet de considérer le cycle 2023-2027 comme son deuxième mandat au regard de la limite statutaire. Il pourrait donc, selon cette interprétation, solliciter une nouvelle réélection en 2027.

FairSquare conteste toutefois cette lecture. L'organisation souligne que les explications détaillées de la décision prise par le Conseil en 2022 n'ont jamais été rendues publiques. Pour Maduro, le texte des statuts ne distingue pas les mandats complets des mandats écourtés.

FairSquare sollicite les 211 fédérations

La contestation prend désormais une dimension internationale. FairSquare a contacté 52 associations membres de la FIFA pour les inviter à déclarer Infantino inéligible à la prochaine élection.

L'organisation espère notamment obtenir le soutien de la Fédération norvégienne de football. Celle-ci avait déjà accompagné une précédente démarche contre le président de la FIFA concernant le respect des règles de neutralité politique. Une rencontre entre FairSquare et les responsables norvégiens est prévue ce mercredi 4 novembre.

Son cofondateur, Nicholas McGeehan, estime que les autres fédérations doivent également prendre leurs responsabilités au lieu de laisser cette contestation à la seule Norvège.

De son côté, Miguel Maduro dénonce un affaiblissement des mécanismes de contrôle au sein de la FIFA. Il évoque notamment un « climat de peur » qui empêcherait certaines associations nationales de s'opposer ouvertement à la direction actuelle.

Infantino conserve des soutiens importants

Malgré ces critiques, Gianni Infantino conserve une position favorable dans la perspective du scrutin. Le président de la Confédération asiatique de football a déjà apporté son soutien à sa candidature, tandis que plusieurs confédérations affichent également leur appui. La FIFA n'avait pas encore répondu aux sollicitations de Reuters au moment de la publication de l'information.

Les candidatures à la présidence doivent être déposées au plus tard le 18 novembre 2026. L'élection est programmée en mars 2027. D'ici là, la question de l'interprétation des mandats de Gianni Infantino pourrait devenir l'un des principaux dossiers de cette campagne.

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